Manger à la cantine avec ton collègue autiste asperger

Arrivé midi dans beaucoup d’entreprises les gens s’empressent d’aller manger à la cantine. Ca détends, c’est souvent convivial et ça consiste en une longue discussion avec ses collègues actuels ou anciens, ses amis, ou parfois son collègue autiste. Comme pour moi cet instant ne rime pas forcément avec détente je vais t’en parler car un tel repas peut vite être une source de fatigue voire d’angoisse.

Pour commencer je vais te décrire le repas que je fais quand je vais manger seul. Je choisi déjà un plat que je pourrai manger à une seule main. Pour lire ce sera plus simple. Ensuite je m’arrange aussi pour ce soir joli surtout les couleurs. Une assiette de riz avec un filet de poisson c’est triste, c’est tout blanc. Par contre une entrée avec des carottes et des betteraves ca chatouille un peu plus la rétine. Je préfère. Donc une fois à table, seul, je lis un article ou un livre. Et là c’est une moment de détente profond. Le brouhaha ambiant me tire parfois hors de la lecture. Mais je me concentre de plus belle pour me fondre dans la lecture. Ce moment de solitude est rempli de satisfaction. En plus je mange vite. Je ne m’ennuie pas. Un midi tranquille donc.

Car lors d’un repas au travail, les règles sont celles de la pause café et les sujets de discussion y sont toujours épatant de banalité. Pas mon fort. Ensuite le défi supplémentaire par rapport à une pause café est de tout coordonner. Manger, boire de l’eau, parler, écouter et regarder. Comme je ne suis pas doué pour ce cirque, je mange tout en 10 minutes, en buvant des verres d’eau d’un coup. Après j’attends. Et là commence une sorte d’enfer. Car à la tablée toujours un collègue pour parler trop et manger en une heure. J’arrive à me contenir mais au fond de moi c’est la panique. J’ai l’impression qu’on me vole mon temps. Pour moi la cantine on y mange et c’est tout. Vu qu’en groupe je ne me détends pas difficile d’attendre, c’est comme un supplice mental.

Avant de prendre conscience de mon autisme je finissais parfois avec la tête qui tourne et une impression d’avoir été lessivé. L’effort à fournir à table pour suivre les discussions avec le bruit de fond de la cantine me donnait des vertiges. Il me fallait un heure pour me concentrer à nouveau. J’étais vidé.

Du coup actuellement je mange parfois avec les collègues et parfois seul. Quand je vais avec manger avec eux, je me mets en bout de table. Je parle peu et me laisse souvent aller à la contemplation des nuages par la fenêtre en décrochant des discussions. En fait ça ne gêne personne. J’ai longtemps qu’il fallait tout écouter. Mais en fait non c’est plutôt 2 ou 3 personnes qui mangent et 4 ou 5 qui acquiessent sans avoir les détails. Pour moi impossible. Soit j’écoute soit j’écoute pas.

Au final avoir découvert mon autisme permet de me préserver. Je l’ecoute plus. Manger seul m’apaise car je me consacre à mes lectures. Certains me trouveront prétentieux. D’autres médisant. Ce n’est absolument pas ce que je pense être. Si c’est l’image que je renvoie c’est clairement maladroit. De tels repas sont pour moi extrêmement sollicitant. Les discussions entre collègues trop banales. Ce ne sera pas tout les midi mais oui on ira encore manger ensemble, promis mais pas aujourd’hui je ne me sens pas de taille.

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